Foto: (cc) Flickr/Massimo Valiani.
Foto: (cc) Flickr/Massimo Valiani.

J’ai lu ce article très interessant, au point que j’ai decide du reproduire ici:

Lecture : Psaume 8

La crise la plus importante que l’humanité devra affronter en ce vingt-et-unième siècle est la crise écologique. Bien plus important que la guerre ou le terrorisme, l’éclatement de la société ou l’effondrement économique – toutes crises plus immédiatement visibles et plus bruyantes auxquelles il contribue en réalité – le délitement du magnifique système qui assure notre vie sur cette planète met en danger notre existence même.

De notre vivant, nous assistons à la période d’extinction des espèces la plus importante de tous les temps. Chacune des espèces est une expression unique du dessein de Dieu, ciselée et façonnée pendant des millions d’années, et leurs sublimes formes de vie disparaissent, bien souvent avant même que nous ayons connaissance de leur existence ou du rôle qu’elles jouent au sein du tissu de la nature voire dans le maintien de notre bien-être. Depuis que la vie existe sur terre, il y a toujours eu des extinctions d’espèces, mais cette fois-ci on observe deux différences de taille. Jamais auparavant, un si grand nombre d’espèces n’a disparu à une aussi grande vitesse.1

Et tout cela est le fait d’une seule espèce – la nôtre ! Nous épuisons les ressources de la terre, polluons l’eau douce, transformons les terres fertiles en désert et remplaçons les paysages luxuriants par des monocultures nuisibles. Nous remplissons l’atmosphère de dioxyde de carbone, déchet de notre envie insatiable de plus de biens, plus de voyages, altérant comme jamais la couche d’air fragile qui enveloppe notre planète, faisant fondre nos calottes glaciaires et noyant les zones côtières avec leurs habitants, humains ou non.2 Nous abattons les forêts comme s’il n’y avait pas de lendemain où nous aurons besoin de l’oxygène qu’elles produisent.

Les propos de ce genre suscitent souvent des réactions d’incrédulité. Le problème est que personne d’entre nous, de là où il se trouve, n’est en mesure d’appréhender l’ampleur de la crise. Mais soyons attentifs aux rapports de plus en plus nombreux émanant de la communauté scientifique, analysons l’actualité avec un esprit critique, examinons les rouages de l’économie mondiale, écoutons la voix de ceux qui parlent au nom des sans-voix – les personnes opprimées, défavorisées, marginalisées, mais aussi les animaux et les plantes. Ecoutons les dirigeants d’Eglises, en particulier le patriarche œcuménique Bartholomée, ou le Mouvement de Lausanne, ou encore, plus récemment, le pape François qui dans son encyclique Laudato Si appelle à « entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune ». L’image se précise de manière effrayante : notre planète, notre seule demeure dans cet univers, est d’ores et déjà un lieu plus ou moins inhospitalier.

La Bible a-t-elle quelque chose à dire au sujet de cette crise ? La pression écologique causée par l’avidité humaine et la pression économique qui s’ensuit n’étaient absolument pas inconnues aux temps bibliques. Mais l’ampleur de notre problème est sans précédent, en raison de la double « réussite » qui est la nôtre : l’augmentation de la population et le développement des nouvelles technologies. Or c’est précisément parce que la Bible est l’histoire de Dieu, de l’humanité et du monde, qu’elle contient de précieux conseils, avertissements et motifs d’espérance. Dans cette méditation biblique, nous allons nous concentrer sur quelques-uns des grands thèmes qu’évoque le Psaume 8.

La terre appartient à Dieu, le Créateur

Tout comme la Bible, le Psaume 8 s’ouvre sur une affirmation de la suprématie de Dieu, le Créateur.

Seigneur, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre,
toi qui te rends plus éclatant que le ciel !
Nous pouvons observer le ciel nocturne et nous émerveiller. L’étoile la plus proche, mise à part la nôtre, se situe à une distance de 4,2 années-lumière, soit quelque 40 millions de millions de kilomètres. Notre seule galaxie comporte plus de 100 000 millions d’étoiles et elle n’est qu’une parmi des millions de galaxies, dont certaines sont bien plus grandes que la nôtre. Quand à l’œil nu nous explorons le ciel, nous sommes émerveillés. Quand avec nos télescopes nous explorons le ciel, nous restons totalement sans voix.

Mais nous pouvons aussi regarder beaucoup plus près de chez nous, contempler la mosaïque fascinante de la vie sur cette petite planète insignifiante. Les scientifiques estiment qu’il existe aujourd’hui environ 8,7 millions d’espèces vivantes différentes, dont seules 1,5 million ont été décrites et classifiées.

Chacun de ces éléments, depuis les galaxies jusqu’aux microbes, fait partie, selon notre Psaume, de « l’œuvre des doigts de Dieu… », des « œuvres des mains de Dieu » :

ton ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles…
les œuvres de tes mains… moutons et chèvres, bœufs, tous ensemble, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
Cette planète, de même que l’univers tout entier, appartient à Dieu en tant que Créateur. Nous ne sommes pas propriétaires du moindre centimètre carré. Comme le dit Psaume 24.1-2,

c’est au Seigneur qu’appartient la terre, avec tout ce qui s’y trouve,
le monde avec tous ceux qui l’habitent.
Toute revendication humaine – qu’elle soit personnelle, ethnique ou nationale – d’une quelconque partie du sol, de la mer, des ressources biologiques ou minérales est radicalement remise en question par cette perspective qui traverse l’Ecriture dans sa totalité.3

L’humanité occupe une position privilégiée et de responsabilité

Dans notre Psaume, le poète passe de l’émerveillement devant la création de Dieu à l’étonnement devant la position privilégiée accordée aux humains que nous sommes.

Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui,
qu’est-ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ?
Tu l’as fait un peu inférieur à un dieu,
tu l’as couronné de gloire et de magnificence.
Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,
tu as tout mis sous ses pieds.
Dans notre étonnement devant la beauté et la magnificence multiformes de la création de Dieu, notre pensée se tourne vers nous-mêmes. Malgré notre insignifiance à l’échelle de l’univers, nous sommes aussi frappés, en lisant le récit de la création auquel notre Psaume fait écho ici, par la position unique et puissante accordée au genre humain. Ce Créateur tout-puissant nous a confié la responsabilité de toutes ses œuvres ! Juste un peu inférieurs à un dieu !

Mais marquons un temps d’arrêt ici avant que nous ne soyons emportés par l’orgueil et le sens de notre propre importance.

Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,
tu as tout mis sous ses pieds,
moutons et chèvres, bœufs, tous ensemble,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui parcourt les sentiers des mers.

Si Dieu nous a créés à son image, et qu’il nous a donné la domination sur les œuvres de ses mains, sur ce qui lui appartient en tant qu’artisan, alors cela nous renseigne sur la façon dont nous étions supposés exercer cette domination : à la manière de Dieu, en agissant pour Dieu ! Toute notre interaction avec ce que Dieu a créé, qu’il s’agisse d’objets animés ou inanimés, doit donc consister à agir à la manière de Dieu, or Dieu est amour. Dieu agit pour le plus grand bien de ses créatures, de sa création. Selon le deuxième chapitre de la Genèse, la tâche du genre humain consiste à « garder et cultiver » le jardin. Là aussi nous avons agi exactement comme dans tous les domaines de notre vie : nous avons suivi nos propres voies.

Nous avons usurpé les droits qui reviennent à Dieu seul, agissant non en mandataires mais en propriétaires absolus. C’est ainsi que nous présidons actuellement à la destruction systématique du tissu vital de notre planète, de ses habitats naturels ainsi que des plantes et des créatures qui les occupent. En tant qu’espèce, sommes-nous coupables à la fois d’orgueil et de manquement à nos devoirs ?

Sommes-nous en train de jouer à un petit jeu très risqué, pariant chacun sur le fait que quelqu’un d’autre prendra l’initiative de se ranger, de ralentir, de mettre un frein à l’exploitation des ressources et à la pollution atmosphérique par le dioxyde de carbone, afin que nous puissions tranquillement continuer à nous enrichir et à accroître notre confort ? Les meilleures recherches nous enseignent que c’est là un enjeu auquel notre génération actuelle devra répondre.

Soit nous trouvons une solution, soit la terre que nous laisserons à nos enfants et à nos petits-enfants sera un lieu extrêmement différent et infiniment moins hospitalier. Rien d’étonnant donc à ce que le mouvement de préservation de l’environnement ait considère les textes bibliques qui parlent de la « domination » de l’humanité et du mandat de « remplir et soumettre la terre » comme criminellement responsables des dégâts causés par les sociétés occidentales.4

Jésus remplit le rôle que l’humanité a délaissé

Le Psaume 8 nous apporte encore d’autres éclairages car il a déjà été repris par certains des tout premiers chrétiens, qui l’ont appliqué à Jésus. Hébreux 2.6-9 déclare :

Mais quelqu’un a rendu quelque part ce témoignage :
« Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ?
Qu’est-ce que le fils de l’homme, pour que tu t’occupes de lui ?
Tu l’as fait un peu inférieur aux anges,
tu l’as couronné de gloire et d’honneur,
tu as tout mis sous ses pieds. »

En lui soumettant tout, en effet, il n’a rien laissé qui ne lui soit soumis. Maintenant, certes, nous ne voyons pas encore que tout lui est soumis, cependant nous voyons celui qui a été fait un peu inférieur aux anges, Jésus, couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte ; ainsi, par la grâce de Dieu, il a goûté la mort pour tous.

Jésus est celui qui, en tant qu’être humain, accomplit le dessein de Dieu pour l’humanité. Il est celui qui est capable de dominer sur toutes choses au nom de Dieu et selon le caractère de Dieu. Mais pour Jésus, le chemin de cette gloire est passé par la croix.

Le Nouveau Testament fourmille d’affirmations selon lesquelles en Jésus, en celui qui est tout ce que les êtres humains étaient supposés être, le règne de Dieu sur le monde entier débouchera sur la réconciliation et le renouveau. Jean 3.16 déclare que « Dieu a tant aimé le cosmos qu’il a donné son Fils unique… ». Et voici les paroles de l’apôtre Paul : « Dieu était dans le Christ, réconciliant le cosmos avec lui-même. (2 Cor 5.19) Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et, par lui, de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. » (Col 1.19-20)

En Jésus, toute la terminologie ancienne de la « domination », du « règne », trouvent leur accomplissement. Jésus est le second Adam, le début d’une nouvelle lignée humaine qui réaffirme le règne de la vie et de la grâce de Dieu en lieu et place du règne de la mort que le premier Adam et nous, ses successeurs, avons exercé. … Il a tout mis sous ses pieds et l’a donné comme tête, au-dessus de tout, à l’Eglise qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. (Eph 1.22-23) Si, par la faute d’un seul, la mort a régné par lui seul, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus-Christ. (Rom 5.17)

Le dessein de Dieu est de restaurer les cieux et la terre

Contrairement à la vieille chanson « This world is not my home, I’m just a-passing through » [Ce monde n’est pas ma maison, je ne suis qu’un passant], la Bible affirme que ce monde est notre maison, et qu’il a un avenir et une espérance.

Romains 8 évoque le malaise présent de la création et son avenir en ces termes :

Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. En effet, la création a été soumise à la futilité – non pas de son propre gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise – avec une espérance : cette même création sera libérée de l’esclavage du périssable pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. (Rom 8.19-21)
L’espérance future de la création est intimement liée à notre découverte de qui nous sommes réellement. Le modèle de notre avenir et de celui de l’ensemble de la création est la résurrection de Jésus, comme Paul le montre en 1 Corinthiens 15.

L’Apocalypse présente la vision donnée à Jean de la fin de toutes choses et de l’avènement du règne de Dieu ; il n’y est aucunement question de personnes s’envolant vers le ciel pour y jouer de la harpe, assis dans les nuages. Lisons plutôt :

Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s’est parée pour son mari. J’entendis du trône une voix forte qui disait : « La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même, qui est Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Apoc 21.2-4)

Voilà l’espérance chrétienne. Voilà l’avenir de notre planète. Voilà le dessein et le règne de Dieu. Voilà ce que nous demandons lorsque nous disons « Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Et voilà pour quoi nous travaillons lorsqu’en tant qu’hommes et femmes de Dieu, en tant que personnes déjà partiellement renouvelées, nous nous saisissons de la toute première responsabilité que Dieu nous donne, qui est de garder et de cultiver la planète-jardin dans laquelle nous vivons. Plus que n’importe qui d’autre, les chrétiens devraient être à l’avant-garde de l’action et de la préservation écologiques.

Penser globalement, agir localement

Ce précepte bien connu prônant une vie intègre dans un univers mondialisé a une pertinence toute particulière pour notre responsabilité de vivre comme des acteurs de la grâce divine sur notre planète. Et il devrait avoir des conséquences pour notre engagement en tant qu’Alliance des Sociétés bibliques.

En tant que personnes, engageons-nous à vivre en faisant preuve de retenue, à adopter un mode de vie durable, à mener une vie empreinte de considération et de compassion pour le monde humain et non humain qui nous entoure :

  • Pouvons-nous réduire notre consommation ?
  • Pouvons-nous nous passer de produits plastiques ? Recycler davantage ?
  • Pouvons-nous diminuer notre consommation de carburants ?
  • Pouvons-nous devenir des acteurs d’une meilleure conscience de sa Création ?
  • Pouvons-nous devenir des acteurs du changement au service de la terre que Dieu a créée « bonne » ?
  • Pouvons-nous, forts de notre mandat de défense des Ecritures, encourager et soutenir parmi tous les chrétiens une vie de disciples radicalement écoresponsable ?
  • Pouvons-nous refléter notre responsabilité pour sa Création dans nos programmes et plans de développement ?
  • Dans quelle mesure nos bâtiments, véhicules et activités sont-ils éco-performants ?

En tant qu’individu, faisons le point sur notre manière d’utiliser les ressources de la planète :

  • Combien de dioxyde de carbone générons-nous par l’achat de papier, l’impression, les expéditions et, surtout, par nos voyages ?
  • Il existe de nombreux projets correctement vérifiés qui nous permettraient de contrebalancer notre contribution aux émissions de dioxyde de carbone qui pèsent sur l’atmosphère. Pouvons-nous devenir des avocats plus crédibles d’un traitement responsable de la création – par nos paroles et par notre exemple ?
  • Pouvons-nous devenir un avocat de la protection de sa Création à l’échelle mondiale ?
    Toutes ces mesures ont un prix. Mais le prix de l’inaction est bien plus élevé.

Le Psaume 8 se termine comme il a commencé :

Seigneur, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre !

Les estimations des scientifiques sont variables. Selon l’estimation basse la plus fiable, le taux d’extinction actuel représente 120 fois le taux en milieu naturel. D’autres mesures tout à fait crédibles le considèrent comme 1 000 fois supérieur, soit une extinction d’espèce toutes les quelques heures.

2 Des projections scientifiques fiables soutiennent qu’une élévation du niveau moyen de la mer d’au moins 5 m est d’ores et déjà certaine, le seul point discutable étant à quelle vitesse elle se produira. Si nous parvenons à limiter le réchauffement moyen de l’atmosphère à 2 degrés, le niveau de la mer montera de 1,20 m d’ici la fin du siècle. La plupart des scientifiques sont convaincus que nous aurons le plus grand mal à contenir le réchauffement à 4 ou 5 degrés, et que seule une action radicale et immédiate pourra empêcher une montée du niveau de la mer de 20 m.)

3 Au Psaume 104.24, qui appartient à un autre magnifique cantique à la Création, on lit : Que tes œuvres sont nombreuses, Seigneur ! Tu les as toutes faites avec sagesse ; la terre est remplie de tout ce que tu as produit. En Job 38–41, Dieu détourne l’attention de la personne de Job pour nous donner un aperçu du pur plaisir que le Créateur prend aux créatures brutes de la terre sauvage et matérielle en tant que telle, sans aucune considération de leur importance pour les êtres humains.

4 Il existe bien sûr d’autres sociétés qui exploitent la nature sans pitié, sans avoir subi l’influence d’une vision du monde chrétienne et indépendamment de ces injonctions bibliques spécifiques. Cela ne rend pas vaine la critique selon laquelle l’Occident soi-disant « chrétien » et la culture plus vaste qu’il a engendrée se sont inspirés de ces textes pour agir en « maîtres du monde ».

(c) Alliance biblique universelle

Origen: La Bible et l’écologie

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