Les microenvironnements et la liberté de bloquer (I)

Le marketing de guérilla est arrivé aux médias sociaux

Durant les derniers mois j’ai constaté des énormes vagues de gens qui bloquent autres utilisateurs chez Twitter. J’ai vu des pétitions massives pour bloquer autres utilisateurs qui sont des abuseurs. Cela transformait ces initiatives en des causes sociales, pour forcer la fermeture de certains comptes.

Une autre stratégie pratiquée par certains partis politiques en Espagne est de créer des armées de bots qui commençaient à suivre certains influenceurs proches aux parties contraires, et alors, un blocage massif discréditait la réputation de ces comptes. Finalement ces comptes sont fermées par la plate-forme sociale à cause de la très mauvaise réputation ou des reports. Ce sont de véritables guerres numériques dans les courants politiques et philosophiques des médias sociaux.

Cette stratégie « d’agression facile » a imprégné le reste des utilisateurs.  Avant, quand nous voyions un contenu inimaginable, soit nous l’ignorions, soit, dans le pire des cas, nous faisions taire le compte sans le suivre. Bloquer quelqu’un était quelque chose de très sérieux. Beaucoup se sont rendu compte que les plates-formes surveillent les blocages. Cela affecte la visibilité du compte bloqué pour les autres utilisateurs, diminuant ainsi son influence auprès de nouveaux publics potentiels. Les algorithmes sont là pour rester, laissant ceux qui ont quelques disciples dans l’ombre plus longtemps, ou, ceux qui ont déjà beaucoup de followers mais refusent de jouer au jeu du « payer par annonce » ou du « payer pour promouvoir votre contenu » au même sort.

Nous pouvons observer que, lorsque quelqu’un a un discours agressif (si sa cause est juste ou non), même ceux qui sympathisent avec la cause, même des amis ou de la famille, finiront par mettre en silence leurs publications, ou ne plus suivre le compte ou même de le bloquer. Cela devrait nous amener à une utilisation réfléchie des médias sociaux.

Ce modèle de comportement relationnel montre que les utilisateurs recherchent leur propre environnement numérique confortable où ils se sentent compris et reflétés. Se trouver avec des idées sympathiques et créer une bulle artificielle autour de soi dans les médias sociaux rendra plus difficile pour les autres utilisateurs de nous atteindre avec de nouveaux contenus et de nouvelles idées. C’est ce qu’on appelle les « microenvironnements personnalisés ». Les algorithmes contribuent à construire ces « réalités personnalisées », d’ailleurs, de moins en moins souples et dynamiques, sauf si, en tant que producteur de contenu, vous êtes prêt à investir dans la publicité pour « percer des bulles inconnues ».

Faisons un petit test. Imaginez que vous avez un groupe de personnes dans la même pièce connectées au même Wi-Fi. Demandons-leur de chercher dans Google les mêmes mots dans le même ordre. Vous remarquerez que les résultats varieront. Ils n’auront pas les mêmes résultats dans le même ordre exact. La raison en est que le « web » a appris quelles sont leurs tendances, leurs préférences et même la façon dont chacun consomme l’information.

Ce nouveau paradigme des microenvironnements numériques révèle qu’une production massive de contenu pour les médias sociaux de l’église devient moins efficace pour atteindre un large public. Comment pouvons-nous nous adapter à cette nouvelle réalité et atteindre le maximum de microenvironnements ?

Ce n’est qu’en publiant des contenus avec des idées similaires à certains publics dans différents supports ou médias sociaux que nous élargirons notre cercle d’influence. Il est trop facile de cibler les publics faciles, ceux qui sont déjà « convertis » à votre message ou à vos idées. Pour obtenir un plus grand succès et une plus grande diffusion, nous avons besoin d’une multitude et d’une variété de contenus, ce qui implique un groupe plus grand et moins homogène d’auteurs ou de créateurs de contenus (ambassadeurs ou influenceurs).

Si nous ne tentons pas intentionnellement cette diversification depuis les institutions, le seul résultat sera de nuire à la fidélité de l’audience. Néanmoins, cette créativité, qui pourrait être déléguée (aux influenceurs ou aux community managers institutionnels) pourrait avoir un large écho dans l’auditoire déjà engagé (membres d’église ou sympathisants) avec leurs propres préférences ou priorités (microenvironnements). Ils partageront notre contenu avec des contacts de troisième niveau qui sont plus familiers avec ce microenvironnement intermédiaire. Les publics non atteints pourraient être touchés à l’aide du catalyseur de l’utilisateur intermédiaire, créant ainsi des ponts entre le public final et l’institution.

Nous avons déjà expliqué dans d’autres articles la nécessité de l’implication du plus grand nombre de personnes afin d’atteindre une vaste multitude à travers un large réseau de « filtres » ou « catalyseurs » qui apporteront le contenu à ces utilisateurs inconnus pour l’institution officielle. Nous avons besoin de personnes qui pourraient réutiliser le contenu et, peut-être, le transformer pour le rendre compréhensible à ceux qui ne connaissent pas l’Évangile, rendant plus agréable un message qui, en premier lieu, est aliéné à leur microenvironnement. C’est pourquoi nous avons besoin de l’implication totale des membres appliquée aux médias sociaux et au monde numérique.

Aujourd’hui, je me concentre sur le blocage des gens avec un simple clic. Le blocage de ceux qui pensent différemment ou que je n’aime pas ou qui sont méchants et impolis envers les autres. Cela a, même indirectement, de mauvaises conséquences pour nos comptes officiels. N’oubliez pas que nous pourrions enseigner une même vérité biblique avec amour et patience au lieu de pointer avec un doigt critique et accusateur. Les résultats sont très différents.

Les entreprises savent que l’expérience de l’utilisateur d’Internet est une priorité. Ils ont investi du temps et de l’argent dans la recherche du contenu qui sera bien accueilli, avec lequel le consommateur sera à l’aise et qu’il trouvera instructif. Ils sont aussi constamment à la recherche de ces « ambassadeurs » comme catalyseurs pour transformer légèrement la façon de présenter le produit à son public.

« Confortable » ne signifie pas que les vérités inconfortables doivent être cachées. Il est clair qu’un grand travail doit être fait. Nous devons cesser d’accuser, d’attaquer verbalement et de critiquer avec un certain contenu envers d’autres entités, surtout dans les médias sociaux. Nous trouvons précisément cet exemple dans la Bible. Certains diront que Jésus a montré du doigt même lorsqu’il a reproché aux « pharisiens hypocrites ». Il s’agissait de dénonciations très particulières et sporadiques en tout cas, qui n’ont jamais été faites systématiquement. C’était un contexte pédagogique et, dans ce cas, il se défendait contre une attaque personnelle. Cet épisode mérite d’être étudié dans un contexte de gestion de crise, mais à un autre moment. Malgré la situation, Jésus en a fait une opportunité de communication pédagogique.


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