Rwanda, 25 ans, ce n’est rien… et pourtant beaucoup trop

Avril 2019 commémore le 25e anniversaire du génocide au Rwanda. Beaucoup de noms et de visages s’amoncellent dans mes souvenirs.

L’histoire de Dassany fut relatée dans un rapport missionnaire, cela fait plusieurs années déjà. Il fut un exemple vivant, jusqu’à sa mort tragique à Kigali. Ranjan Kulasekere était lui un missionnaire jusqu’au jour où devant les marches de sa maison il fut lâchement assassiné, là-même où nous avons partagé d’inoubliables moments. Efrem, quant à lui fut notre traducteur en Kinyarwanda et en Swahili à cette époque. J’ai eu la joie d’apprendre, en prenant contact avec lui récemment, soit vingt-cinq ans plus tard, qu’il est père d’une merveilleuse famille composée de huit personnes.

Alfonsine, cuisinière, c’est une veuve qui fut témoin de l’exécution horrible de ses enfants. Des charniers escortaient les routes, des regards sans vie, des gens traînant les pieds avec leur vie ou, du moins, ce qu’il en restait, pour peu qu’il en y avait encore…

Ce matin, mon esprit s’encombrait d’un flot d’innombrables images aussi terrifiantes que paralysantes ; toutes surgirent du tiroir de l’oubli, déclenchées par ce douloureux anniversaire. Je revois ce jeune soldat de 15 ans, pointant le canon de la mitraillette contre mon visage, je n’ai pu que m’écrier avec colère : « mon Dieu ! » Nos traducteurs terrorisés par l’effroyable cri d’un des traducteurs alors que j’avançais sur un chemin reconnu pour être un champ de mines, j’eus tout juste le temps de reculer sur nos propres traces. Un enfant âgé de 11 ans, que nous avions emmené de Mugonero à Kigali, a fait tomber une grenade d’une pochette à cause d’un nid-de-poule sur le chemin. D’insupportables souvenirs se sont accumulés, et je n’ai toujours pas pu rouvrir les pages de mon journal intime écrit ces mois-là.

L’image de Dieu semble écornée dans l’absurdité de tant de violence, dans cette folie sanglante. Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle est pourtant là l’image de Dieu…, cachée. Dans le sourire naturel et pur des enfants qui couraient à côté de la voiture, une manière de nous saluer, alors que dans leurs regards on apercevait déjà les signes qui trahissaient l’absence de vie paisible pour avoir déjà vu trop de cruautés que personne ne devrait jamais voir dans toute une vie.

Je me souviens également du marché de Kigali au cours de ma première semaine : vide, frugal. Il y avait peu de monde, car les étalages des marchandes étaient peu achalandés. Or, deux mois plus tard, le contraste est marquant. Ce même marché comptait un grand nombre de clients, il était redevenu vivant. Un cri à faire frissonner traversait la rue. Je tournai brusquement la tête quand un autre grand cri rejoignit le précédent ; la joie s’invitait en cet endroit. Deux dames s’étaient retrouvées, en vie ! Celle où se fraie un chemin à travers la disgrâce. L’image de Dieu émerge. Les promesses bibliques les plus lues, parmi tant d’autres, sont celles en Apocalypse 2:10 et Tite 2:13.

De nouveaux bébés naissaient. La vie reprenait son cours. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, je ne veux pas oublier parce que comme le souligne George Santayana : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter ».

En conclusion : Le monde ne changera jamais, seul le retour de Jésus-Christ le fera. L’Evangile doit être prêché pour y parvenir. Depuis ces atrocités, je suis en constante recherche de moyens plus efficaces de prêcher l’Evangile, et jusqu’aujourd’hui encore. Maintenant, je prêche à travers les médias. Rwanda, 25 ans, ce n’est rien… et pourtant beaucoup trop !


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